06/07/2026
25 000 km en Porsche 356… et toujours amoureux.
J’ai toujours aimé la Porsche 356.
Tout a commencé lorsque j’avais cinq ans. Un jour, dans la cour de la résidence où j’habitais, j’ai trouvé une petite Porsche 356 Norev oubliée que j ai toujours gardée.
Dans notre ville de province, on croisait des Jaguar Type E, des Triumph TR4, des Facel Vega, des MGB, des Lancia, des Studebaker… mais jamais de Porsche.
Je ne connaissais même pas son nom. Pourtant, sa silhouette m’a immédiatement fasciné.
Mon père m’a trouvé de la documentation et m’a expliqué ce qu’était une Porsche.
Sans le savoir, il venait de faire naître une passion qui ne m’a jamais quitté.
Au début des années 1970, une 356 est entrée dans la famille.
Puis, vers quatorze ans, j’ai acheté ma première 356 avec l’argent destiné… à une mobylette !
À l’époque, ces voitures ne valaient presque rien.
La mienne appartenait davantage à la catégorie des “Porscheries” que des Porsche, mais quelle fierté pour les copains qui venaient m’aider la poncer !
Il m’a ensuite fallu attendre la trentaine pour pouvoir m’offrir une véritable 356.
Et quelques années plus t**d, enfin, le cabriolet qui illustre ces photos.
Après une restauration importante de la carrosserie, une grosse révision de la mécanique, des freins, des trains roulants, des roulements, des carburateurs… elle était prête à reprendre la route.
Depuis, nous avons parcouru plus de 25 000 kilomètres ensemble.
Alors, qu’en penser ?
La fiabilité ?�Étonnante.
En 25 000 km : un démarreur, un câble d’accélérateur… et l’entretien courant. C’est tout.
Jamais immobilisé au bord de la route. Ce week-end encore, elle a bien calé trois fois en roulant, de quoi faire monter un peu l’adrénaline… mais il ne s’agissait que d’un mauvais contact entre la bobine et l’allumage.
Les sensations ?�Elles sont extraordinaires.
Sur les petites routes, elle adore rouler entre 80 et 110 km/h.
Sur autoroute, elle tient facilement un 130-140 km/h pendant des heures.
Et sur circuit… disons simplement qu’il est possible d’approcher les 180 km/h compteur.
À cette vitesse, avec une voiture de près de 70 ans, on comprend vite ce que signifiait piloter à l’époque.
Ça bouge, ça vit, ça demande du respect… et un bon freinage anticipé !
Le freinage ?
Ses quatre tambours étonnent souvent.
J’ai préféré conserver la configuration d’origine plutôt que monter des disques. Avec quatre tambours neufs et parfaitement réglés, le freinage est très satisfaisant.
En montagne, en revanche, mieux vaut aimer monter les cols que les descendre. Après une dizaine de grands cols savoyards dans la journée, on sent parfois les freins demander un peu de repos.
Le confort ?
Très agréable.
Les sièges sont remarquablement dessinés et permettent d’avaler les kilomètres sans fatigue excessive.
Les deux places arrière, en revanche… restent très symboliques.
La conduite de nuit ?
C’est probablement son principal défaut.
Les phares 6 volts éclairent peu, surtout sur les bas-côtés et dans les virages. Quant au passage des codes aux phares, il est accompagné de ce fameux quart de seconde où tout devient noir… les propriétaires de 356 savent de quoi je parle !
Ventilation, chauffage, essuie-glaces ?
La ventilation… n’existe pratiquement pas.
Sous la pluie, le chiffon du passager fait souvent partie de l’équipement.
Les essuie-glaces sont élégants mais plus courageux qu’efficaces.
En revanche, le chauffage fonctionne très bien… à condition que les boîtes de chauffage soient en parfait état.
La capote ?
C’est du Porsche.
Épaisse, parfaitement étanche et incroyablement durable.
Le coffre ?
Entre le réservoir, la roue de secours, la batterie et la trousse à outils, il ne reste pas grand-chose.
Heureusement, l’espace derrière les sièges permet d’emporter le nécessaire pour partir loin.
Et l’entretien ?
Vidange et filtre tous les 5 000 km.
Contrôle régulier de la courroie, véritable assurance-vie du moteur, dont j’emporte toujours un exemplaire de secours dans le coffre.
Le liquide de frein est bien caché sous le tapis avant… ce qui explique peut-être pourquoi tant de propriétaires oublient de le remplacer. Pourtant, une purge tous les trois ou quatre ans est indispensable.
Au final…
Cette voiture est tout simplement attachante.
Avec ses 75 chevaux, elle n’impressionne personne sur le papier. Pourtant, elle procure des sensations que beaucoup de voitures modernes ont perdues.
Elle préfère le soleil à la nuit.
Elle grimpe les cols avec l’obstination d’un tracteur.
Elle vous oblige à conduire, à écouter, à sentir.
Elle transforme chaque trajet en voyage.
Pour moi, elle reste sans doute la plus attachante de toutes les Porsche.
Et vous, quelle est l’automobile qui vous accompagne depuis toujours dans vos rêves ?