17/06/2026
Aujourd'hui, cela peut sembler évident de prendre quelques jours pour partir, découvrir une région, partager du temps avec ses enfants, faire une randonnée, visiter un site, manger au restaurant ou simplement changer d'air, parfois même plusieurs fois par an.
Pourtant, pendant une grande partie de notre histoire, tout cela était réservé à une minorité. Il y a 90 ans, en 1936, les premiers congés payés permettaient à des millions de Français de partir en vacances pour la première fois. Une conquête sociale qui a profondément transformé notre pays et notre rapport au temps libre.
Quand nous avons repris le Camping de Graçay, nous n'avons jamais cessé de dire que notre projet était politique, au sens noble du terme. Nous voulions :
- redonner ses lettres de noblesse au camping traditionnel
- proposer un lieux simple et moderne
- permettre aux familles qui n'ont pas les moyens de partir loin de s'offrir quelques jours de déconnexion
- réduire le nombre d'enfants qui se sentent honteux de ne rien avoir à raconter à la rentrée,
- défendre l'idée que chacun a besoin de repos, de nature, et de rencontre.
Notre vision du camping est écologique, bien sûr, mais elle est aussi profondément populaire. Nous l'observons tous les jours ici, un enfant n'a pas besoin d'un parc aquatique géant pour fabriquer des souvenirs. Un jeu de société sous un barnum, un repas partagé, une soirée à observer les étoiles, un braséro avec des chamallow, une balade à vélo ou une journée à ne rien faire peuvent parfois laisser des souvenirs bien plus durables. Dans un monde qui va toujours plus vite, ce sont souvent ces moments simples que les enfants réclament le plus.
Chaque année en France, des millions de personnes ne partent toujours pas en vacances pour des raisons financières. Selon les dernières études, près de 40 % des Français ne partent toujours pas en vacances. Pendant que certains établissements montent toujours plus en gamme, nous avons fait un choix différent. Nous essayons de maintenir des tarifs accessibles au plus grand nombre. Ce choix n'est pas toujours le plus simple économiquement, mais il est cohérent avec ce que nous voulons défendre. Un lieu où l'on peut venir avec une petite tente, un vieux camping-car, une caravane, à vélo ou en famille nombreuse sans avoir l'impression que les vacances sont un luxe pour une certaine élite.
Aujourd'hui, nous avions simplement envie de célébrer cet anniversaire avec vous. Au passage, nous en profitons pour remercier toutes celles et ceux qui, par leurs combats sociaux, syndicaux, associatifs ou politiques, ont contribué à faire des vacances un droit plutôt qu'un privilège. Ils ont été les précurseurs d'une société où le repos, le temps libre et les vacances ne sont plus réservés à quelques-uns. Nous leur devons énormément. Sans ces avancées, notre camping n'existerait probablement pas sous cette forme et beaucoup d'entre nous n'auraient jamais connu les souvenirs de vacances qui ont marqué notre enfance.
À bientôt au Camping de Graçay,
Alison, Guillaume et Mina